Faire un choix

Un choix est d’abord et avant tout une option dans notre vie. C’est choisir entre le pain de mie à l’épicerie, ou la baguette de la boulangerie du quartier. C’est acheter bio, ou non, c’est être végétarien, végétalien, flexitarien, ou encore carnivore! Effectuer un choix, c’est décider d’être ou de ne pas être quelqu’un qui, peu importe sa décision, s’exposera dès lors à être étiqueté, catalogué, identifié et catégorisé par ses semblables.  Cet effet boule de neige est le début d’un récit sans fin avec des répercussions bonnes ou mauvaises dépendant de la façon dont vous observer les choses. Pourtant, il n’y a pas milles options. On peut choisir de dire oui à quelqu’un ou quelque chose qui s’offre à nous, ou à l’opposer, on peut décider que la réponse en cet instant est NON.

Après tout, c’est simple! Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer!?

L’Homme étant ce qu’Il est, nous cherchons toujours à obtenir ce qu’il y a de mieux pour nous, pour nos enfants, notre famille… Et à partir de ce désir intrinsèque, les choses se compliquent.

Comment pouvons-nous aspirer au contrôle ultime, au fait d’être en mesure de savoir à 100% qu’en ce moment même, au bureau, à la maison, le choix que nous effectuons est sans aucun doute, le meilleur pour nous? C’est vrai! Pensez-y? Comment pouvez-vous être persuadé qu’en ce moment le silence l’emporte sur la parole? Ou encore si rester à la maison ce soir ne vous fera pas passer à côté de quelque chose? Comment savez-vous que la relation malsaine qui vous mange est celle qu’Il vous faut puisque c’est celle que vous vivez? Ne pensez-vous pas que celle-ci vous vole peu à peu votre capacité à être heureux? Comment savez-vous si votre appartement, maison, ville, pays, continent est le meilleur endroit pour vous? Ou si à l’inverse, vous passez à côté de quelque chose ailleurs en refusant le changement sous prétexte qu’il fait peur…

Nulle ne le sait. Je veux dire… on peut avoir une idée de ce qui nous convient. On peut clairement identifier ce que nous aimons versus ce que nous préférons éviter. Cela trace un schéma à main levée, nous laissant devant une image incomplète que seule notre intuition est en mesure de compléter.

Choisir, c’est en quelque sorte vivre au centre de son univers, car chacune de nos décisions décrie un peu la personne que nous sommes et ainsi, nous qualifie en tant qu’individu. En étant intègre envers soi-même, on trouve son équilibre et ainsi, on vit en harmonie avec soi et autrui. Le choix, c’est la réflexion avant l’action, le présent avant le futur. Certains choix dans nos vies  sont responsables de ce que nous sommes aux yeux des autres, mais ils représentent surtout à mes yeux une liberté. Même adossés au pied du mur, nous avons toujours le choix. Par exemple, de voir les choses d’un œil positif, plutôt que de s’enfoncer dans le doute et le négativisme.

 Dans l’univers du yoga et le domaine du mieux-être et de la santé, il est souvent question de normes versus de lois. Par exemple, la loi de l’attraction qui suppose qu’on attire à soi ce que l’on dégage… ou encore qu’il nous arrive certain évènement afin que l’on en tire une leçon bien particulière. Tout le monde a, dans son entourage, un individu qui adapte la phrase suivante à toutes les sauces : ‘’Rien n’arrive pour rien’’.

Coupable, j’ai moi-même longtemps prêchée par ce principe. J’ai même déclenché de véritables débats avec famille et amis tant j’y tenais mordicus! Il est évident que mon profil d’enseignante de yoga ajouté à mon intérêt en la matière ainsi que mes expériences personnelles ont  joué en faveur de cette façon de voir les choses. Quoi qu’il en soit, j’ai récemment remis en question cette façon de penser et d’agir. Ne l’ayant pas totalement mise de côté, j’y ai plutôt ajouté l’importance de faire des choix pour soi afin de vivre pleinement en adéquation avec soi-même.

Ceux qui me connaissent personnellement savent que j’ai traversé quelques épreuves dans les dernières années. Accident de vélo à l’automne 2011 avant un départ imminent pour la France, accident de moto au printemps 2012, puis récemment, entorse lombaire et hernie discale au début de l’été 2013. Chacun de ces évènements a emprunté une couleur prépondérante dans la l’élaboration du dessin de ma vie. Ils m’ont fait prendre une direction particulière en me permettant d’écouter davantage mon corps et ses messages.

 Aujourd’hui, j’écoute ce qu’il a à me dire, et je me fis davantage à mon intuition. Je reconnais mieux mes limites, sans pour autant me limiter par la pensée, et je sollicite sa vitalité en l’amenant à relever de nouveaux défis à chaque jour. Certains prétendent qu’une hernie discale est reliée aux non-dits, aux situations financières particulières. Elle est également reliée aux conflits qui peuvent voir le jour dans le milieu professionnel, par exemple choisir de faire un métier qui ne nous passionne pas par peur de faire le grand saut, choisir de ravaler le morceau plutôt que de dire ses quatre vérités à son patron. Dans mon cas, l’avant-veille de l’arrivée de ma charmante hernie, j’avais eu une journée difficile au travail. Une de ces journées qu’on veut reléguer aux oubliettes. Frustrations, sentiment de ne pas être appréciée à ma juste valeur, impression d’être le bouc émissaire d’une patronne trop mal dans sa peau pour simplement admettre que le problème, c’est le rapport qu’elle entretien avec elle-même… Bref, pour faire une histoire courte, mon copain venait d’arriver au Québec. Nous avions passé huit mois séparés. Huit mois pendant lesquels j’avais mis le travail en avant plan dans ma vie oubliant ainsi ma qualité de vie et ma santé mentale et physique. Je ne vous parle pas ici des brefs instants durant lesquels j’enseignais le yoga, mais plutôt le reste de la semaine en tant qu’assistante gérante d’un commerce.

Pour vous mettre en contexte, j’avais appliqué sur un poste de la France, et j’avais relancé la direction à mon arrivée. On m’a embauché à l’automne 2012 en tant que bras droit de l’équipe de gestion du commerce en question. Loin d’être facile, j’ai passé les 3 premiers mois à faire ma place au sein d’une équipe majoritairement composée de filles âgées entre 17 et 40 ans. À priori, certaines me reprochait de façon sous-entendu, d’avoir pris le poste qui revenait à une autre tandis que d’autres prétendaient ne pas avoir envie de tisser de liens avec une personne (en l’occurrence moi) complètement différente de celle qui avait occupé le même poste les deux années précédent mon entrée en fonction.  Cette situation ne fut que passagère puisqu’après peu de temps, mes tâches et l’équipe me plaisait et je réussis même à tisser des liens avec certains employés qui devinrent de véritables amis. Il n’y avait qu’un hic trop récurrent pour être ignoré. La relation que j’avais avec ma supérieure immédiate. Cette personne avait décidé dès mon arrivée qu’elle ne me faisait pas confiance, et nos rapports étaient constamment des affrontements. À certains moments, j’y ai cru. En tentant de me convaincre qu’elle avait raison et moi tort, que je devais faire mieux… Je me disais que ‘’rien n’arrive pour rien’’… que j’avais à vivre cette relation car elle venait avec le soi-disant poste de mes rêves et que ça finirait par passer. Mais en ces mêmes instants, mon corps me parlait. Cette espèce de sensation de serrement du cœur dans ma poitrine, la gorge sèche, les joues rouges, le moral à plat… Chaque moment passé aux côtés de cette personne avait l’effet que peuvent engendrer les radiations atomiques sur un continent qu’on aurait bombardé. Je voulais tant que ça marche… Et malgré les brefs instants ou ça allait entre nous deux, je savais au fond de moi que quelque chose clochait, cette relation n’avait rien de naturelle.

J’ai le souvenir, peu de temps après l’arrivée de mon chéri à Montréal, d’avoir souhaité sortir de ce cercle vicieux, de fuir cette relation malsaine qui m’embrouillait complètement l’esprit et les idées. Certains me disaient : ‘’tiens le coup, ce n’est pas le moment de lâcher!’’ Ou encore :’’tu es faites forte, tu vaux mieux que ça, ne lui donne pas raison en quittant ton poste…’’ Et comme il faut faire attention à ce que l’on souhaite car chacune de nos cellules entend notre discours interne, et bien pour ma part, c’est mon dos qui décida à ma place.

Incapable de bouger,  ni même de sortir du lit, on m’attitra une entorse lombaire au début de l’été, puis comme si la douleur n’était pas assez intense, une hernie discale. Après 6 semaines d’arrêt, je tentai un retour au travail, mais les choses ne se passèrent pas tout à fait comme je l’aurais imaginé.

Dès mon retour, on m’a tout de suite reproché mon absence. On m’a menacé de me retirer mon poste si les objectifs journaliers n’étaient pas atteints. On m’a également accusé d’avoir volé des heures avant mon départ en ‘’vacances’’, et on a fait pression sur moi pour que je cède ma place à une autre. Tout ça, c’est ma supérieure immédiate qui a choisi de le faire. Je n’ai nul besoin de citer de nom car mon intention n’est pas ici de faire le procès d’un individu. Tout ce que je sais, c’est qu’à partir de ce moment, ma vie devint un véritable enfer. Non seulement j’avais la douleur physique à gérer, mais maintenant, je devais porter le poids de cette injustice et le sentiment de rejet qui l’accompagnait. Cela fit place à certains soucis dont l’insomnie, l’anxiété et le cafard qui s’Installèrent chez moi à cause de cette pression qu’elle avait choisi de m’imposer.  Je retournai en congé de maladie pour 2 mois supplémentaires, puis avant d’avoir le temps de remettre ma démission, je reçu un courriel de sa part me disant que comme elle n’avait pas reçu de mes nouvelles, elle prenait pour acquis que je lui remettais ma démission. Sans merci ni au revoir, sans prendre en considération ma condition et ce qu’elle m’avait fait traverser jusqu’à présent… Elle choisit de poursuivre sur cette voix de négativisme absolue, de jugement de valeurs non fondés et de jalousie profonde pour le bonheur des autres…

Si aujourd’hui je fais le choix de regarder cette situation positivement, je réalise que mon dos m’a permis de faire la part des choses entre ce que je pensais souhaiter et les désirs véritables qui m’habitent en matière d’emploi et d’ambitions professionnelles. J’ai réalisé que travailler pour une compagnie de vêtements de yoga était à mi-chemin entre ce que je pensais souhaiter et ce que je désir réellement aujourd’hui. Je sais maintenant que j’ai la pleine capacité à gérer un commerce, mais la prochaine fois, je serai aux commandes de ma propre entreprise, ce ne sera pas la place de l’employé modèle que j’essayerai de combler, mais bel et bien mon rôle unique de personne imparfaite et ce, dans toute sa splendeur.

Enseigner le yoga, c’est ce que je fais, c’est qui je suis. Le yoga faisait partie de ma vie avant, et encore aujourd’hui, je compte rouler ma bosse en partageant ma passion pour ce mode de vie.  Ma place, je l’ai trouvé. Aider les gens à obtenir un meilleur équilibre dans leur vie comme dans leurs asanas, c’est le choix vers lequel je fonce en conscience aujourd’hui.

Sans cet accident, sans cette relation malsaine, j’ignore si les mêmes conclusions me seraient apparues. Je ne sous-entends pas ici que ‘’rien n’arrive pour rien’’, mais plutôt qu’à travers ces circonstances, je me suis choisis moi. Voyez-vous, en choisissant d’écouter mon cœur, de me fier à mon intuition à travers ces moments difficiles, j’ai plus appris sur moi-même qu’au cours des quinze dernières années de mon existence. C’est cette proximité avec soi-même, cette capacité à comprendre ce qui est bon ou non pour moi qui m’a permis d’être où je suis aujourd’hui.  

 Tout compte fait, la vie est belle, et les choses sont bien faites! Il n’y a pas que des gens en mal de vivre sur cette planète et donc, mon copain et moi avons décidés de nous marier le 5 octobre dernier. Il repartait en France le 30 octobre, alors j’ai décidé d’être folle en vendant tous mes meubles une fois de plus et en achetant un billet allez simple pour le suivre…

Voyez-vous, aujourd’hui, je me remets de cet ‘’accident’’ qui tout compte fait, m’a apporté plus de positif que de négatif. Je demeure dans les Alpes françaises, je recommence à bouger activement et je vais enseigner le yoga cet hiver avec tous ceux qui souhaiterons essayer cet art ancestral qui m’apporte tant de bien.

Avec du recul, je regrette peut-être simplement de ne pas avoir dit à cette personne ce que je pensais de ses actes et de son attitude à mon égard. Ceci étant dit, ça m’est égal car je sais que dans la vie, on récolte ce que l’on sème. Aujourd’hui, je réalise que mon énergie et ma santé sont trop précieuse pour gaspiller ne serait-ce qu’une minute pour cette malheureuse personne qui aurait sans doute avantage à être en yoga plutôt que de simplement faire du yoga. Je lui souhaite simplement d’être un jour en mesure de s’aimer assez afin que les autres puissent en faire autant…   

Après 5 mois de souffrance, de grandes réflexions et d’un vent de renouveau dans ma vie, je choisis aujourd’hui de lâcher prise. Je laisse la place au meilleur et je tourne la page. Ma foi  et ma confiance en moi m’aide à avancer et je brûle d’envie de relever de nouveaux défis!

Je vous souhaite de choisir consciemment ce qu’Il y a de mieux pour vous, commencer dès maintenant à écouter votre corps et ses messages subtils. Après tout, nous devrions tous être notre premier choix!

Je vous souhaite un magnifique samedi,

 

Namaste!

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